Juil 21, 2026 .

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En Turquie, l’inflation n’est pas une donnée macroéconomique. C’est une ligne de votre pilotage mensuel.

Une entreprise étrangère qui s’implante en Europe occidentale intègre l’inflation dans son budget annuel, révise ses prix une ou deux fois par an, et passe à autre chose.

En Turquie, ce réflexe se retourne contre elle en quelques mois.

Les chiffres se sont améliorés. Ils restent élevés, et surtout volatils.

L’inflation annuelle turque a ralenti à 32,1 % en juin 2026, poursuivant une tendance baissière entamée après le pic de 2022. C’est une vraie amélioration. Mais deux mois plus tôt, dans la même année, l’inflation avait accéléré à nouveau sous l’effet d’une flambée des coûts de l’énergie liée à des tensions sur le détroit d’Ormuz. Les taux directeurs, eux, sont restés proches de 40 % sur une grande partie de l’année écoulée.

Ce que cette trajectoire dit aux entreprises étrangères : la désinflation turque n’est pas linéaire. Elle peut se retourner en quelques semaines, sous l’effet de chocs externes que rien, dans le pilotage habituel d’une filiale européenne, n’a préparé les équipes locales à absorber.

Un budget annuel figé est une décision de perte de marge, pas une simplicité de gestion.

Un contrat commercial local libellé en lires turques, une grille salariale révisée une fois par an, un budget de filiale arrêté en janvier pour toute l’année : chacun de ces choix, standard ailleurs, est une source d’érosion de marge quasi certaine en Turquie. Une entreprise qui applique son cycle budgétaire européen sans adaptation découvre en fin d’année un écart entre le budget et le réel qu’aucun contrôle de gestion classique n’explique complètement — parce que la cause n’est pas opérationnelle, elle est monétaire.

Le risque de change est devenu un sujet de direction générale, pas seulement de trésorerie.

Entre les cycles de hausse et de baisse des taux directeurs, les révisions semestrielles de multiples seuils légaux indexés sur l’inflation, et la volatilité de la lire face à l’euro et au dollar, une entreprise qui facture, achète ou emploie en Turquie porte un risque de change et un risque d’indexation qui dépassent largement ce qu’une trésorerie de filiale peut absorber seule. Ce sujet doit remonter au comité de direction du groupe, avec la même fréquence que le suivi de la performance commerciale.

Les entreprises qui réussissent en Turquie ne prévoient pas l’inflation. Elles construisent leur gestion pour vivre avec son imprévisibilité.

Cela veut dire des révisions de prix trimestrielles, sinon mensuelles, sur les contrats sensibles. Des clauses d’indexation systématiques dans les accords commerciaux et de sous-traitance locaux. Un reporting de marge en devise de référence du groupe, pas seulement en lires, pour détecter l’érosion avant qu’elle ne soit irréversible.

Chez Bosphorus Transition Partners, nous aidons les directions financières et générales à construire ce pilotage adapté, pour transformer la volatilité turque d’un risque subi en une variable gérée.